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Besame mucho…à Khadidja Benhamou et Houari Manar

Il est des mots qu’on peut penser

Mais à pas dire en société,

Moi je me fous de la société

Et de sa prétendue moralité….

En 1967 Michel Polnareff nous gratifiait de ce succès discographique en nous balançant ce qu’il pensait des gens qui le jugeaient.

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Près d’un demi siècle plus tard, c’est à dire aujourd’hui, des bien pensants continuent à s’ériger en censeurs implacables, en juges inflexibles et même en bourreaux impitoyables.

Il conviendrait de rectifier ces adjectifs en supprimant des préfixes qui les montreraient sous leur jour véritable: pitoyables, corruptibles, et malléables.

Je n’ai pas pour habitude de parler et encore moins d’écrire pour ne rien dire. Aussi je pèse chacun de mes mots en leur donnant tout le poids de la crédibilité et si j’accepte sans problème de débattre de mes opinions, je dénie à quiconque de m’appliquer une taxe sur mes idées.

J’ai affirmé diverses choses , que ce soit à l’antenne, dans les journaux, dans mes livres et sur internet. Je me suis prononcé , entre autres, sur «  l’évasion » de Hocine Aït Ahmed de la prison d’El Harrach ou , évoquant Rabah Kebir,  disant qu’ils avaient été exfiltrés, et pour être plus précis, que le pouvoir algérien les a laissé partir sans les libérer officiellement car il ne pouvait détenir sans risque des prisonniers aussi encombrants.

Cela m’a valu une, deux… volées de bois vert d’un certain Rachid O.K  «  démocrate à ses heures perdues »  me mettant en demeure de dévoiler mes sources en faisant passer mes propos pour une élucubration fantaisiste.Dévoiler mes sources ! Une injonction digne des méthodes staliniennes qui continuent d’inspirer nos intellectuels de gauche/droite/gauche/ droite.( had/tnine/had/tnine…)

Pour ce nouveau baronnet, il aurait fallu faire partie du «commando » qui aurait organisé cette expédition pour pouvoir en parler. Or il se trouve que je ne fait partie d’aucun commando, que je ne suis affilié à aucune mouvance partisane et que j’ai appris à analyser des situations sans pour autant en avoir été l’acteur. Sinon dans cette logique, aucun historien ni observateur ne pourraient apporter le moindre éclairage.

Les médias que l’on qualifie pompeusement de «sociaux » mettent en évidence l’indigence de la société algérienne qui d’une part prétend moraliser la vie des citoyens et d’autre part démontrent l’inexistence d’une société civile digne de ce nom.

Mais le plus grave est que si la société civile est un leurre entretenu comme un os à ronger par un pouvoir dont la colonne vertébrale est à toute épreuve, le consortium anonyme du peuple algérien croit à l’image virtuelle dans laquelle il se complait dans une jouissance inquiétante.

La pseudo société civile qui depuis 50 ans joue la même  partition ne se rend toujours pas compte qu’elle est prisonnière de sa propre illusion  chaque citoyen rêvant de devenir hallouf à la place du hallouf .

Ainsi deux forces se neutralisent en étant convaincues de leur «bon droit». L’islamisme parfaitement phagocyté et une société civile prétendument démocratique s’affrontent sous l’arbitrage d’un pouvoir narquois, corrompu, vieillissant, malade mais indéboulonable.

Les médias sociaux tolérés pour se donner  bonne conscience  s’échauffent en faisant crépiter les claviers des téléphones plus intelligents que leurs  propriétaires qui  ne relisent pratiquement jamais leurs propos laissant les ( kcorrecteurs) automatiques distiller des affirmations de café maure.

Ainsi tel « intellectuel » se croit nobélisable à l’instar de l’imam du douar qui se voit prophète des temps modernes en revendiquant un «  islam originel anachronique ».

Que le politicien présente ses diplômes de pacotille ne devrait pas nous étonner; cela est dans la logique du système d’exploitation qui régit le pouvoir algérien.

Cela, le parkingueur et le khfeifdji le savent avec la connaissance d’un expert es sciences politiques.Et cela ne devrait pas nous surprendre.

C’est pourquoi je ne suis pas surpris de lire les propos des intellectuels de tous bords qui ne parviennent pas à ouvrir leur regard sur ce réel qui leur échappe alors qu’il est pourtant devant leurs yeux.

Et pourtant, pour reprendre Galillée, la Terre tourne.

Et pendant ce temps, des plumes cancanent et jacassent  pour  gribouiller des contre vérités sur les murs de notre Histoire.

Cette Histoire de l’Algérie a été tronquée non seulement par ceux et celles qui gouvernent depuis 1962, date qui ne signifie plus rien dans l’inconscient collectif de la société algérienne, mais également par ceux et celles qui continuent à distiller un arsenic jusqu’à l’overdose.

Livres, programmes de télévision, émissions de radio… tout est « bon » pour maintenir un statu quo qui semble parfaitement convenir aux faiseurs d’une opinion stérile. Car il n’y a qu’une opinion quoi qu’en pensent les scribouillards d’un régime bananier qui n’éprouve même plus le besoin d’envoyer ses troupes d’élite.

Des hommes et des femmes honnêtes, sincères, militants, amoureux de l’Algérie, il y en a pourtant eu. il y en a encore mais ils sont silencieux et refusent de mêler leurs voix au concert des têtards qui grenouillent dans les bénitiers des officines.

L’Algérie , les Algériens ont payé cher, très cher leur indépendance. 1,5 millions de martyrs, 200.000 victimes d’un terrorisme aveugle qui a duré dix longues années, des familles décimées , déplacées comme du bétail, des terres spoliées, des fortunes colossales accumulées fracassant le record Guinness de la corruption , des enfants analphabètes trilingues et surtout des intellectuels qui se prennent pour le nombril d’un monde décadent.

J’ai cru, espéré, un temps qu’un sursaut allait se produire et que l’étincelle du savoir allait raviver la flamme de la connaissance. Au lieu de cela j’assiste à la course effrenée vers ce pouvoir qui fascine telle une sirène aux écailles sonnantes qui font trébucher dans la mare aux canards boiteux.

Prédicateurs du vendredi et intellectuels du dimanche s’autocongratulent dans une flagellation  érotique.

Condamnations médiatiques,  fetwas imoprovisées sur les marches des mosquées cathodiques devenues tribunal populaire ; éructations sonores et vulgaires de pseudos démocrates qui n‘acceptent aucune autre vérité que la leur en invoquant sans honte le droit à une liberté d’expression qu’ils mesurent à l’aune d’une ambition démesurée.

Mais que signifie le droit et la liberté d’expression lorsque des intellectuels vouent aux gémonies non pas leurs ennemis mais ceux qui avaient la naïveté de croire qu’ils étaient du même bord ?

Essayez ! Essayez de vous exprimer. de dire ce que vous pensez et immédiatement vous serez affublé de l’infame étiquette de révisionniste synonyme du pendant islamiste  «koufar ».

Mêmes méthodes avec les mêmes armes pour éliminer toute velléité de penser différemment. Je dis bien éliminer. Non plus à fleurets mouchetés, non plus avec des arguments tangibles mais avec des mots bazookas brandis comme un coran souillé.

Je ne chercherai pas à faire cautionner mes propos en me dissimulant dans les pans du burnous des hommes et femmes illustres que j’ai eu l’honneur de côtoyer et qui m’ont ouvert les yeux sur les réalités algériennes. J’ai rencontré pratiquement toute la classe dirigeante avant et depuis l’indépendance et j’ai su écouter avec profit les conseils de mon regretté père ,enseignant et  syndicaliste de la première heure , mes frères et cousins, nationalistes convaincus, certains morts au champ d’honneur, me faisant une idée précise des enjeux de l’Algérie et des luttes  sournoises qui se profilent dans les arcanes secrètes du pouvoir.

Ce pouvoir je n’en ai jamais voulu.Et je n’en veux pas. Car il est sale comme le sont la conscience et les mains des apparatchiks en service commandé.

Je n’ai jamais accepté d’être l’obligé de qui que ce soit et j’ai préféré l’exil à une compromission qui était à ma portée.

Aujourd’hui je donne l’impression de régler des comptes avec les Rachid O.K, Madjid .C., Ali.D. et autres pseudos qui confondent poudre d’intelligence et poil à gratter ; et c’est vrai. Car je suis fatigué et triste aussi de lire, d’entendre les jugements à l’emporte pièce qui claquent comme des verdicts sans appel sous le couvert de messages privés d’un loquace et courageux anonymat. 

Plus aucune tête ne doit dépasser dans un pays qui ne parvient pas à trouver le bonheur.

Après les têtes coupées… la circoncision et l’excision  éditoriale  ont pris le relais sur des réseaux internet qui relèvent d’un café du commerce qui a installé son tiroir caisse dans le marigot d’une société civile  castratrice.

Oui comme Polnareff, j’aimerai tellement faire l’amour à l’Algérie.

Aziz Farès

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