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La Montagne des dieux

Compte-rendu du livre « L’encre des savants est plus sacrée que le sang des martyrs » d’Aziz Farèsr_697_s

Posté par:  Posté le:  août 24, 2016 Dans:  CritiquesLivres | Commentaire : 0

Aziz Farès est Algérien d’origine, installé confortablement à Montréal depuis 1996. Il est auteur, journaliste et producteur (télévision et radio). Certains auront entendu ses histoires merveilleuses sur Radio Ville-Marie à son émission Au cœur du monde.

Âme d’une sensibilité touchante, celui qui avait écrit il y a quelques années J’ai failli égarer Dieu (Alger, Éditions Mille feuilles, 2009) nous propose, avec L’encre des savants est plus sacrée que le sang des martyrs, un petit recueil de réflexions sur la relation qu’entretiennent les Québécois avec l’islam.

L’essai est divisé en plusieurs concepts véhiculés dans les débats actuels, de la déculturation au jihad, en passant par la radicalisation. Farès décortique différentes interprétations des notions essentielles pour poser les bonnes questions dans le débat. Cet esprit sensible aux subtilités décevra certainement ceux qui espèrent des arguments prémâchés pour trancher ces questions, et le lecteur aura parfois même tendance à se demander quelle est la position exacte de l’auteur. Pourtant, Farès nous semble solide et authentique, avec un avis qui mérite d’être entendu. Cette manière, entre autres, de remettre en question le mythe de la oumma (la communauté), transformé en uniformité des musulmans, nous a particulièrement touché.

Farès est de ceux qui croient que le conflit entre les interprétations radicales et libérales du Coran doit être réglé à l’interne, et que les Occidentaux (y lire les non-musulmans) n’y peuvent que bien peu de choses. Par ailleurs, il intime le gouvernement à prendre ses responsabilités pour le maintien des valeurs québécoises et la préservation de la paix sociale (voir son texte sur Le Devoir). Cet essai, qui peut sembler parfois contradictoire, consiste en fait en un vibrant plaidoyer pour laisser la parole aux sages du Coran, savants ou poètes, plutôt que de laisser s’exprimer sur la place publique la facilité, la démagogie et les réactions irrationnelles. Un petit essai de déconstruction de l’opinion populaire, en quelque sorte. L’impression laissée en fermant le livre est qu’à chacune de nos interrogations, Farès réplique qu’il n’est pas si simple de trancher… On y reconnaît bien l’ascendance soufie de l’auteur, baignant dans un islam humaniste, tout en sagesse et en beauté.

Farès était présent au Salon International du livre de Québec de 2016, invité à une table ronde sur l’islam aux côtés de Djemila Benhabib et du journaliste Fabrice de Pierrebourg (coauteur du livre Djihad.ca). Malheureusement, l’auditoire était plus sensible aux emportements émotifs de l’une ou aux faits alertant de l’autre pour savourer la subtilité des propos rationnels de Farès. Cette voix mérite d’être entendue, mais dans le débat actuel, Aziz Farès semble un petit David contre le géant Goliath de l’opinion publique.

Un compte-rendu de Frédérique Bonenfant

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Aziz Farès,  L’encre des savants est plus sacrée que le sang des martyrs, Montréal,  Les Éditions XYZ, 2016, 130 pages.

ISBN : 9782892619911
ISBN numérique : 9782892619928
ePub : 9782892619935
Prix : 18,95 $

http://montagnedesdieux.com/compte-rendu-du-livre-lencre-des-savants-est-plus-sacree-que-le-sang-des-martyrs-daziz-fares/#respond

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