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Mémoire

Une chanson. Un parfum de coriandre. Le jasmin qui flirte avec le galant de nuit.  La musique , populaire accorde ses violons au bigtipasa1-1diapason du chant d’un chardonneret heureux et au loin fait résonner les cœurs et les visages qui  s’ouvrent comme illuminés par une tranquille sérénité.

La mémoire , fidèle, relie entre eux des milliers de souvenirs pour construire un futur qui s’échappe en silence.

La terre respire en offrant le fruit de ses entrailles. Les champs de blé , généreux, ondulent au rythme d’un vent d’été qui souffle sur la Méditerranée, mer porteuse de tant d’espoirs.

Les oliviers ploient sous le poids des ans sans jamais se plaindre , puissants, solides colonnes qui unissent les continents.

Hercule se dresse entre l’Afrique et l’Europe et St Augustin prie à l’ombre d’un arbre millénaire.

Figues fraîches ou séchées au soleil de Kabylie , dattes reines de la lumière, peintures naïves du Tassili plus éloquentes que bien des discours creux, sable mouvant qui donne au désert l’image d’une immobile majesté, les ruines vivantes de Djemila, de Timgad, de Tipaza, se dressent comme une sentinelle aux aguets pour témoigner d’un passé glorieux.

Les mosquées réunissent les fidèles dans un appel que l’on voudrait si doux qu’il nous effleurerait comme un tendre baiser.

Le Coran , chant éternel du monde en devenir , est psalmodié par des cœurs aimants.

Les maquis exhalent les senteurs des herbes, friandises dont se nourrissent des agneaux insouciants.

Les loups ne font plus peur et les chaperons rouges se promènent dans la paix.

L’Andalousie vit dans le cœur de ces hommes et ces femmes qui ont lutté sans autre attente que celle de la Liberté.

La mémoire a jeté l’ancre sur les rives de notre identité.

La Berbérie n’est ni petite ni grande.

Unie dans son destin , elle est fière de ses enfants.  Mouloud, Assia, Kahina nous font fredonner cet air que chantait un phénix  immortel.

Daoud reprend la trame d’un roman inachevé pour nous réconcilier avec une mémoire fragile.

Daoud et David affrontent le Golem en invoquant Lalla Khedidja , épouse vénérée d’un peuple qui n’oublie pas l’Histoire merveilleuse qu’éclaire une lampe magique dans les mille et une nuits mille fois  racontées.

Je fredonne moi aussi cet air de liberte qui parcours la mémoire et me donne la force de vivre un présent offert comme un précieux présent.

Non je n’oublie pas! Ni la terre de mes pères et de mes mères, ni les routes qui mènent au bout d’une aventure qui se renouvelle.

Enrico et Roger, Ali et Mohamed, Aicha et Hassiba sous la protection de l’Emir Abdelkader  rencontrent Pepe le Moko qui se réfugie dans Djamaa lihoud d’où s’élève un chant sacré.

Alger ouvre ses portes pour laisser entrer tous  ses enfants dans la grande mosquée.

J’accueille à bras ouverts tout ce qui a fait de moi ce que je suis devenu.

La cote turquoise, les palmiers victorieux qui font face au désert terre bénie des hommes bleus , la steppe où souffle le silence, le corail de Beni Yenni, Barberousse et ses exploits, brillent comme des étoiles qui nous guident.

Lorsque nous ne croyons plus à rien, lorsque des pans entiers se sont effondrés, lorsque nos êtres chers nous ont quitté , lorsque la mémoire , Casbah  fragile, Medracene solitaire, tombeau de la chrétienne, qalaa victorieuse, château fort de notre identité s’écroule, que reste-t-il sinon préserver ce qui fait de nous ce que nous sommes ?

Aziz Farès

azizfareslesoir@gmail.com

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