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De l’enfer au paradis

Je me souviens en filigrane de ces hommes alertes qui passaient par petits groupes en s’enveloppant d’obscurité pour manger images-11dans la djefna commune un couscous ou un berkoukes et faire provisions de galettes avant de se faire engloutir par la nuit de laquelle ils étaient sortis.

Il arrivait que leur chef, dont la bougie donnait au corps accroupi une ombre si grande que le mur de notre chaumière devait s’aider du plafond pour en supporter la projection, disait à ma mère à laquelle les épreuves avaient ôté le sourire : « n’aies crainte, Mère… nous arracherons l’indépendance du pays et tu deviendras une reine et tes enfants des princes »…

Les promesses de la Révolution étaient à la mesure des privations de la colonisation…

A la lourde chape de plomb que la France imposait au peuple, la Révolution répondait par la promesse d’une liberté totale… à la faim par les banquets… aux inégalités par l’uniformité, aux abus extrêmes par une justice absolue et par extension, à l’effort surhumain qui était imposé au peuple par la perspective du repos total et à la discipline de fer par l’anarchie, ou du moins, la fin de toute hiérarchie…

Et quand nous sortîmes de la noire période de domination coloniale, nous le fîmes avec un esprit de partage des bienfaits et des richesses qui bénéficiaient aux occupants, pas avec celui de nouveaux propriétaires soucieux de redoubler d’efforts et de discipline pour construire au mieux cette société et ce pays qui était redevenus nôtres…

Profitant de la manne pétrolière, les gouvernants qui se sont succédés ont continué à développer la logique des commissaires politiques du FLN décrétant que le travail, le logement, le pain, l’eau et plus tard l’électricité, le gaz, la voiture, le diplôme etc étaient des droits dûs par le pays à ses citoyens par le seul fait de leurs statuts de citoyens libres et indépendants…

C’est cette logique qui continue de prévaloir 60 ans plus tard. L’Etat Bouteflikien continue à considérer l’Algérien comme un assisté qui n’a pas encore atteint sa majorité et l’Algérien pour sa part, n’a rien perdu de cette mentalité rentière que lui a donnée une Révolution qui, pour le faire adhérer à ses idéaux de liberté devait lui faire miroiter les promesses d’une vie sans soucis…

Faut il aujourd’hui en vouloir à la Révolution qui a exagéré ses promesses ?
Non… C’est encore cette colonisation qu’il faut incriminer, elle qui a fait vivre au peuple un enfer d’où on ne pouvait le faire sortir qu’en lui faisant miroiter l’espoir du paradis.

Mais maintenant que nous avons épuisé cette rente qui a permis de «lombriciser» le citoyen, il faut que prennent les commandes de ce pays des hommes non tenus par les promesses excessives de la Révolution afin que l’algérien sache que la citoyenneté n’est pas un droit avant que d’être un devoir et qu’elle ne peut offrir que les privilèges arrachés de haute lutte…

… De haute lutte, non pas, comme le pensent les jeunes journalistes conditionnés par le principe du « contestarisme » et qui cautionnent et s’impliquent dans tout mouvement de foule…

De haute lutte sur les terrains des études, du travail, de l’effort, de l’initiative, loin des surenchères politiques, religieuses, identitaires, linguistiques, corporatistes ou syndicales !

Sachant que mon écrit, s’il devait être lu, dérangera bien des gens dans la sphère démagogique du pouvoir et de ses tenants comme dans celle, populiste de l’opposition et de sa presse, je termine en disant à ceux qui seraient tentés par quelque haro sur le baudet que je suis : ma goult walou…

Mohamed Adjou

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