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Histoire

Une relecture attentive de l’Histoire m’encourage à développer quelques idées. Une histoire dont bien des «décideurs» auraient pu s’inspirer sans succomber à la tentation de la réécrire… à leur manière. 

Flash-back. Pendant mille ans, la République de Venise avait su concevoir un système politique efficace et complexe qui en concentrant les pouvoirs entre un nombre restreint de familles patriciennes d’ancienne origine permettait d’éviter toute évolution vers un système de type monarchique. 

Le patriciat étant titre strictement héréditaire, être admis en son sein était totalement impossible pour tout roturier vénitien. Épouser une roturière excluait même un patricien de ses droits d’accès au Grand Conseil.

Le doge, symbole de ce pouvoir représentait la Sérénissime République (source Wikipedia).

On le voit, ce système parfaitement rodé a été conçu pour protéger les intérêts de la société vénitienne en fermant l’accès aux décisions à ceux qui n’étaient pas nés en son sein ou qui aurait la tentation de succomber au chant des sirènes. 

Les concepteurs de la Charte de la Soummam ont parfaitement compris les enjeux de la lutte de Libération nationale en concluant leur texte par, je cite : «La révolution algérienne n’est inféodée ni à Moscou, ni a Washington, ni au Caire», liste non exhaustive mais dont la portée fut internationale car elle a contribué à développer le non-alignement», fulgurance de la richesse doctrinale que Ferhat Abbas a saluée, en son temps, en déclarant : «J’avais affaire à des paysans, mais c’était des paysans de génie.»

Vœux pieux, prémonition, mais surtout avertissement donné par les combattants qui ignoraient la géographie et qui en vérité voulaient dire l’indépendance du centre de décisions finales de la révolution.

Un «centre» né dans la clandestinité imposée par la lutte armée et qui s’est développé de manière quasi autonome autour d’un noyau dont l’armée est tributaire tout en étant son bras.

Ce «logiciel» a fonctionné jusqu’au moment où s’est présentée la «nécessité» d’ouvrir le pouvoir à des individus qui n’obéissaient pas à la logique en vigueur. Cette décision avait-elle pour but de «légitimer» un pouvoir qui commençait à donner des signes d’érosion ?

Le résultat fut une confrontation de deux logiciels, le premier, hérité de la lutte de Libération, le second obéissant à des intérêts autres que nationaux. La confrontation, rude, parfois mortelle, a déstabilisé et compromis le pouvoir de décision qui depuis la lutte de Libération donnait son impulsion. 

Le logiciel colonial n’a pu se substituer à la logique des pères fondateurs mais l’a de toute évidence parasité. 

«Le pouvoir» (il ne s’agit pas des hommes en place) tente de retrouver sa dynamique sans cesse contrariée par des intérêts essentiellement privés qui font dévier les initiatives de l’Etat algérien qui ne semble plus posséder les moyens de la décision finale. J’écris l’Histoire! dit le rossignol… Alors bonne écriture !!!!! 

…………………………………………….
Quelques précisions utiles pour comprendre la nature du pouvoir démocratique de la Sérénissime : «À Venise, le doge avait pour attributions
principales : décider de la guerre ou la paix, commander les armées, nommer aux fonctions civiles et ecclésiastiques, présider le Sénat…, mais il ne pouvait prendre aucune résolution sans l’assentiment du Conseil des Dix. (source Wikipedia).
A. F.
azizfareslesoir@gmail.com

(in le Soir d’Algérie du 03 novembre 2014) 

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