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J’aurai…

j’aurai tellement aimé vivre dans un pays où il y a des mosquées, plein de mosquées, qui appellent à la paix pendant que des imageséglises nous parviennent le tintement des cloches joyeuses de répondre aux synagogues qui s’ouvrent sur des mystères tout en ouvrant leur coeur.

j’aurai tellement pouvoir me promener dans les rues tranquilles de mon enfance, riant, jouant, insouciant, heureux.

j’aurai tellement aimé vivre près de ceux qui me sont chers en tenant la main des enfants qui à leur tour tiendront celles des ainés en allant chaque jour mettre une fleur sur leur mémoire vivante.

j’aurai tellement aimé vivre près de ces marchés qui sentent bon le thym et la lavande, la coriandre et les épices secrètes qui ont su transporter mes sens vers des rives lointaines; cumin et paprika, ras el hanout, djeldjlane cannelle, fenouil, laurier, gingembre… les arômes se confondent, subtil mélange, enivrant. Somptueux créponné et cherbet savant…nibele-1655

j’aurai tellement aimé écouter les cigales qui grésillent dans l’après midi aux volets clos dans la pénombre d’un éternel été.

j’aurai tellement aimé partir à la recherche du temps qui a gardé de précieux souvenirs comme un trésor aux saveurs irrésistibles.

j’aurai tellement aimé écouter ces histoires mille fois racontées par des grands mères patientes. Ogre aux dents pointues, au nez crochu, à la force colossale qui me faisait voyager ,en un clin d’oeil , sur un tapis volant vers les pays des rêves.

j’aurai tellement aimé..

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Une réponse à “J’aurai…”

  1. Le 24 juin 2014 à 17 h 03 min LOUHAL Nourreddine a répondu avec... #

    Texte émouvant qui renvoie à l’enfance, voire à l’innocence d’une période bénie où chaque « Z’niqa » (ruelle) s’enorgueillissait d’une senteur à l’aide du « Mesk El Lil » qui cachait l’hideuse face d’un muret de villa. C’était ainsi en gambadant de Fort l’Empereur jusqu’aux monts abrupts du Telemly, où l’on s’enivrait d’effluves d’« El Yasmine » avant un après-midi au cinéma à la rue Larbi-Ben M’hidi ou Didouche-Mourad. Là, aussi, il y’avait des odeurs, particulièrement celle de l’intérieur feutré d’une salle obscure et de l’alléchant goût de l’esquimau de l’ouvreuse ou de la placeuse. Fini que tout ça ? Assurément oui, car c’était une toute autre Algérie, celle des après-midi récréatives de cinoche, d’une rue Michelet où l’enfilade de terrasses de café incitait au farniente. Que nous est-il arrivé Aziz ? Moi ? Je ne puis répondre, car j’appartiens depuis, à une toute autre dimension, où le terme « Normal » et « Chriki » n’ont pas droit de cité. Certes, il est vrai qu’il est difficile de se frayer son bout de chemin dans les rues d’Alger d’autrefois, où la totalité des souvenirs ont été sciemment effacés, mais je me sens bien dans ma bulle et je compte y rester loin de l’univers de la brutalité verbale. Ah Aziz, si tu pouvais lire mon livre intitulé : « Les Jeux De Notre Enfance », il est certain que tu y trouveras toutes les senteurs d’antan et même les sons de cloches d’églises.

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