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Tafsut ‘n Imazighen

Printemps des peuples, Printemps des révolutions, Printemps de Prague, Printemps de Pékin, Printemps arabe, Printemps érable…mais aussi Printemps Berbère….Tafsut ‘n Imazighen

Ma grand-mère contait de belles histoires ! Vraies, inventées, transformées.. toutes pour mon plus grand plaisir.Tafsut 'n Imazighen dans Accueil gida-300x286

Il y avait parfois un chat (emchich), la lune (aggour), des enfants( arrach, tiqchichine), un crapaud ( amquerqour), une main (afuss), un homme (argazz), une femme (tametouth), des épouses ( tilaouines), des olives bien sur !(azzemour), un chien ( aydhi, aqjun), un burnous ( avarnous), une lumière ( tafath) et encore et encore

Elle était née en 1875, et elle dessinait, un peu comme Baya qu’elle ne connaissait d’ailleurs pas et dont elle avait donné le prénom à sa fille, ma mère.

Des dessins naïfs, exprimant toujours, dans une parfaite sérénité, la marche de la vie.

FEMME A LA FENETREIl y avait aussi, dans chaque dessin, une lampe au plafond, comme un rengaine qui changeait de sens à chaque fois ; une lampe tenue par un fil, penchée pour mieux éclairer.

Je n’ai jamais cherché à « décoder » ce qu’elle disait ou taisait, ce qu’elle dessinait. Je n’ai pas non plus tenté de dénouer l’énigme de ses contes. J’écoutais, je regardais, j’appréciais, je vivais.

Elle ne parlait pas le français, mais le kabyle avec juste quelques mots d’arabe pour se faire comprendre. Et tout le monde la comprenait parce qu’elle savait se faire écouter.

Souvent elle racontait ce merveilleux voyage qu’elle avait fait, enfant, en calèche d’Akbou à Bougie, pour ensuite prendre le bateau vers Annaba , ! Quelle aventure !

Elle racontait l’épopée de Cheikh el Mokrani que son père avait connu, et était fière que j’étudie dans le lycée qui porte son nom.

Tout le monde l’appelait affectueusement Gida. C’était une grand mère comme on en rêve. Patiente, attentive, attentionnée, elle tricotait tranquillement, assise sur son banc dans le jardin de cette grande maison où nous vivions tous, entourés de signes, de symboles dans lesquels nous pouvions trouver la paix.

Gida, une grand mère qui vit encore, en moi !

Aziz FARES

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6 Réponses à “Tafsut ‘n Imazighen”

  1. Le 15 avril 2014 à 21 h 05 min Merci a répondu avec... #

    Royal ce moment passé à vous lire, je vous remercie bien pour cette bonne lecture.

  2. Le 12 octobre 2013 à 10 h 16 min Dina youras a répondu avec... #

    Ma Gida maternelle s’appelait Baya. Je ne la connais qu’à travers ma mère, car elle a disparu en pleine jeunesse comme mon autre Gida. Merci Aziz, pour tous ces récits merveilleux, posés par touches délicates, avec une infinie tendresse sur l’écrin soyeux, doux et précieux de notre profond terroir. Grâce à toi, je sais ce que peut représenter l’amour de la maman de maman entrenu et choyé tout au fond de soi, sa vie durant…

  3. Le 9 octobre 2013 à 11 h 24 min Djaffar Dahache a répondu avec... #

    Elle est en chacun de nous.Un réveil mérité .

  4. Le 9 octobre 2013 à 11 h 22 min Manethon Frost a répondu avec... #

    J’ai presque choisis ce nom la pour ma fille ! Tafsut ! c beau !

  5. Le 9 octobre 2013 à 11 h 20 min Noureddine Khelassi a répondu avec... #

    « Je n’ai jamais cherché à « décoder » ce qu’elle disait ou taisait, ce qu’elle dessinait. Je n’ai pas non plus tenté de dénouer l’énigme de ses contes. J’écoutais, je regardais, j’appréciais, je vivais. » Aziz Farès, évoquant « Gidda », sa grand-mère, qui filait les contes comme elle déroulait les pelotes de laines..

    « Gidda » la mienne, Yakouta de son prénom, est morte à un âge présumé de 108 ans… Elle s’est éteinte dans un champ de verveine citronnée, quelque part à Chekfa (W Jijel)… Comme pour Aziz Fares, sa voix résonne toujours en moi…

  6. Le 9 octobre 2013 à 3 h 38 min Boussad a répondu avec... #

    Excellent témoignage Aziz. C’est un texte très émouvant et poignant chargé d’une sensibilité humaine. Tes mots sur ta Gida – qui peut être Gida de nous tous – donnent une résonance poétique. N’est-ce pas, toute poétique est imbibée du féminin de Gida !

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