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Boussou, lla t’messou

Boussou, lla t’messou dans AccueilJe disais un jour à mon ami Amin Zaoui que j’avais fait une lecture psychanalytique de ses oeuvres. Il me répondit qu’en effet, il s’agissait d’une écriture psychanalytique.

D’emblée, est apparue la difficulté de l’interprétation. Je parlais de lecture et lui d’écriture. Ce qui est normal, jusque là.

Les « images » que nous fait parvenir Amin Zaoui sont d’une force  inouïe mais aussi d’une suave brutalité. Elles nous obligent à entrer dans une logique absurde qui, et là j’hésite, « semble aller », « qui va », à l’encontre de nos certitudes. Cela nous met mal à l’aise dans une sorte de transe captivante qui n’est pas pour nous déplaire.

Jusque là encore, tout est acceptable. C’est probablement ce qui permet à Amin Zaoui de nous proposer subtilement de franchir des limites dont nous ignorions l’existence même.

Il nous charrie vers des espaces interstitiels dans lesquels, certes il ne nous laisse jamais seul(s) ( cela peut-il nous rassurer ?), mais en créant avec le talent qu’on lui connaît des zones mouvantes, houleuses, qui elles, par contre déstabilisent. Un peu comme un soleil radieux brusquement obscurci par l’arrivée d’un nuage impromptu.

Ce je de l’écrivain se heurte alors à notre compréhension d’un jeu dont les règles que nous pensions établies, se transforment dès qu’on les touche pour s’adapter à de nouvelles situations qui sont si extravagantes qu’on finit par y croire. « Ce qui est vraisemblable n’est pas toujours vrai et ce qui est vrai n’est pas toujours vraisemblable » (Freud).

Si l’art du conteur est de nous faire entrebâiller les portes du rêve, Amin Zaoui, sait nous endormir pour mieux nous éveiller.

Proust aimait les madeleines. Amin Zaoui nous offre une douceur de chez nous : « boussou, lla t’messou ».

Aziz Farès

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Une réponse à “Boussou, lla t’messou”

  1. Le 28 septembre 2013 à 6 h 01 min Bachir MEBAREK a répondu avec... #

    «  »une écriture psychanalytique. »" dans le « Nouveau  » roman algérien, peut-être moi ??? on m’a appris ( à la fac) que la lecture est plurielle et jusqu’à présent aucun Magistère ne m’a appris à écrire et quand j’insistais auprès de mes profs, tous s’accordent pour ne signifier que devant la page blanche rien ne vaut le premier jet, ensuite et à la manière du « grand hurleur » il faut revenir sans cesse au métier .

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