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Limites

De l’émotion! Et de la fierté.

Fier d’être Algérien et de partager peines et déceptions, colère et lassitude mais aussi Espoir. Un Espoir qui se résume en un mot qui a été amputé de sa dimension imaginaire. Si les mots peuvent autant blesser que rassurer, réconforter et encourager, les mots des êtres chers sont ceux du cœur.

Que s’est-il donc passé pour que des millions d’Algériens aient décidé de se mettre en réserve d’une République qui bégaie ?

C’est en entrant dans une réflexion profonde qu’il est peut-être possible d’entendre de nouvelles voix et entrevoir des voies jusque là ignorées.

Les débats à travers les médias sociaux ( Facebook etc) bien qu’ils soient souvent très intéressants et parfois passionnants, ont montré ( m’ont montré) une limite. Cette limite, il faut décider ( être capable) de la franchir… ou non. Et cela exige une véritable réflexion qui nécessite le silence; elle ne peut se faire dans un tumulte parasité et inaudible qui peut conduire à reproduire les erreurs du passé.

L’Algérie est à un tournant de son Histoire. Ce n’est ni un rêve ni une utopie mais une prémonition. Ce n’est pas le moment d’hypothéquer une chance qui a fait manquer des rendez-vous et qui peut-être ne se représentera plus . La réflexion ouvre de nouvelles perspectives qui font osciller entre la parole et le mutisme ou plus tragiquement, la parole refoulée, absente. Absente car déconnectée de sa propre réalité. Nait alors une nouvelle réalité, faussée par une perception incomplète d’un environnement dont les contours sont incertains.

Le dialogue espéré, attendu, avec une « élite » auto-proclamée « dirigeante » n’a pas lieu , et ne peut avoir lieu tant qu’une « mise à jour » ne s’est pas faite. Car il y a un préalable; comment et avec qui dialoguer si le dialogue intérieur est étouffé? Faut-il pour autant, se taire en étant conscient qu’une dynamique nouvelle s’est mise en mouvement? Ce mouvement est encore imperceptible mais il existe déjà. En parler, l’expliquer est particulièrement délicat car il s’agit d’une argumentation hypothétique qui risque de fourbir des armes qui ne sont pas toujours amies mais surtout elle pourrait contribuer à faire dériver le Navire Algérie déjà porté par des vents contraires…

Le mot  » autocensure » se dessine alors mais il s’efface aussitôt pour laisser la place à la clairvoyance et, disons le, à la prudence.

Tout cela peut sembler farfelu, anecdotique et relever d’élucubrations intellectuelles ou même  » psychédéliques ». Ah! Si c’était le cas, il aurait été facile de continuer à développer une opinion qui n’aurait surement pas été la mienne mais que j’aurai polie pour tenter de me l’approprier.

Mais dès à présent, il apparait que la porte est (entr’)-ouverte pour entrer dans une phase déterminante qui conditionnera le futur.

Il ne s’agit pas d’économie, de religion, de culture ni de lutte de pouvoir. Il s’agit de bien autre chose. Quelque chose de plus profond, souterrain dont les prémisses se font sentir et ont commencé à déstabiliser une superstructure en ouvrant des brèches qui déjà sont impossibles à colmater.

Les  » rapports de forces » ont été modifiés et le centre de gravité ( non pas de décision, ce point est capital) du  » système » s’est déplacé imperceptiblement en affichant l’apparence d’une cohésion solide.

Mais, ici encore, il s’agit d’illusion savamment entretenue par les maitres des forges alors que l’Algérie est en train d’entrer dans le domaine encore inexploré de la mémoire. De SA mémoire; mise sous tutelle mais qui continue cependant de veiller malgré un éteignoir oppressif et répressif. D’un inconscient collectif apparemment en sommeil mais qui est vivant.

Le mouvement est cependant encore timide et empêche , ou fait douter, de franchir une ligne que chacun s’est fixé, seul, téméraire gardien d’une doxa illusoire érigée en dogme qui fige la pensée qui se retrouve dépourvue de tout « esprit critique  » lequel ne parvient pas à s’émanciper d’un (raisonnement) qui  » (se ) veut » infaillible alors que les paramètres sont aussi variés que nombreux.

Conséquence : la pensée critique se résume à la  » critique des apparences », à la dénonciation pathétique de comportements dits  » maffieux ». La réalité , le réel, échappent en imposant une soumission à une réalité tronquée , mouvante et furtive car (fondée ! ) sur la surinformation et la désinformation , vecteurs vicieux de la manipulation qui fait alors percevoir une réalité sur commande.

De grandes plumes tentent de donner le « la » du changement et des politiciens aigris cherchent une nouvelle virginité pendant que la société civile (?), mort-née se recroqueville.

Les slogans fleurissent alors et vite en surimpression pour occuper un espace confisqué; socialistes, islamistes, démocrates, révolutionnaires, anarchistes, réactionnaires s’affrontent en des joutes stériles prétextant détenir la vérité ultime alors que chaque argument pris séparément est pourtant suspect.

Cependant,  » la nature » faisant son effet, la compréhension ouvre de nouveaux horizons sur un Etat factice qui a fait confondre la réalité et le virtuel. Franchir la limite c’est se hasarder à entrer dans l’inconnu. Est cela que chacun veut? Est ce là que réside la volonté de changement? Ou bien n’est il pas préférable de rester dans une zone de confort illusoire? Cela est troublant. Cela est inquiétant. Mais cela est nécessaire.

Aziz Farès
Juillet 2013

 

 

 

 

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